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Carnets du chemin ascendant

Carnets du chemin ascendant

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mercredi 11 mars 2009

Ca y est !


Mon nouveau blog est en ligne !

Carnets libéraux

Pour le moment rien n'est publié, hormis un billet d'accueil. Encore quelques réglages et c'est reparti !

lundi 02 mars 2009

Quelques petits changements au programme

Les Carnets du chemin ascendant resteront encore en ligne une année pour raison sentimentale.

Quant aux Carnets libéraux, ils ouvriront prochainement, j'espère d'ici la fin de la semaine. Voilà, à bientôt.

mercredi 25 février 2009

Requiem

Il est temps de trancher la question. Temps de se rendre à l'évidence. D'acter.

Ce blog n'a plus aucune raison d'être. Je signe donc sa fin.

Mais je repars dans une nouvelle aventure, et c'est ici que cela se passe :

www.carnetsliberaux.fr

Enfin, il faudra attendre une bonne semaine avant que le site ne soit en ligne (les joies du .fr, si j'avais su !). Quant aux Carnets du chemin ascendant, ils resteront encore disponibles quelques jours seulement. C'est un peu brusque, mais c'est ainsi.

Merci à mes lecteurs et à ceux qui me feront l'honneur de me suivre encore.

lundi 10 novembre 2008

Demain, 11 novembre


Demain, je remontrai les Champs Élysées en me prosternant tous les cinquante pas. Tous les cent pas je m'allongerai à même le sol et je me roulerai une fois de chaque côté. Puis je ferai encore dix pas sur les genoux, nus, avant de me relever. Je ferai ainsi jusqu'à arriver devant l'Arc de Triomphe. Auparavant, bien sûr, j'aurai traversé la Place de l'Étoile à pied, en faisant fi de ma propre vie.

Une fois au pied de ce monument élevé par l'Usurpateur, j'en ferai trois fois le tour par le droite, trois fois le tour par la gauche. Après avoir accompli tous les rites purificateurs, l'âme pure et reconnaissante, je m'allongerai face contre terre devant la tombe du Soldat inconnu. Je resterai une heure dans cette position puis je me mettrai à genoux. Là, dans le froid et la pluie, je me flagellerai jusqu'au sang afin que, par cet acte de contrition, le devoir de mémoire me pénètre et dans ma chère et dans mon âme. Rien n'arrêtera ma flagellation tant qu'un flot de sang dantesque ne jaillisse de mes vaines.

Enfin, s'il me reste des forces, j'irai croquer un cheese au MacDo des Champs.

Demain, 11 novembre, c'est le souvenir de la fin d'une boucherie comme jamais l'humanité n'en avait connue auparavant. Et ceci est d'une valeur sans mesure. Mais quelle signification cela peut-il avoir si la commémoration confine à l'excès ?

Illustration :
William Orpen, Allemands morts dans une tranchée, 1917.

mercredi 05 novembre 2008

Un noir à la Maison Blanche, un certain triomphe du libéralisme


Il fallait bien un séisme pour me tirer de ma torpeur bloguienne. Et ce séisme, même s'il était pressenti depuis quelques temps déjà, c'est bien sûr l'élection d'Obama.

Je dois confesser que cette victoire m'attriste assez, bien qu'un succès de McCain ne m'aurait pas davantage empli de joie. Le spectacle que donnent les États-Unis me paraît affligeant de mièvrerie et de mysticisme politique de caniveau. Je saisis la situation. La crise des subprimes a ébranlé les États-uniens dans ce qu'ils ont de plus cher et que l'on nomme le rêve américain : posséder sa maison... Perdre son logement est certainement pire que perdre son emploi. J'imagine la déréliction de ce peuple plongé dans une grave crise par l'incurie de ses dirigeants.

Mais justement, n'est-il pas navrant de voir ce même peuple se vouer corps et âme, comme dans un ultime espoir, aussi intense que vain, à une sorte d'homme providentiel ? Les leçons semblent ne jamais devoir être tirées. Il n'y a rien de pire, je crois, en politique, que les hommes providentiels... Il n'existe pas de messie politique, il n'existe que des hommes de pouvoir qu'il faut surveiller sans relâche d'un œil attentif et sévère.

Malgré tout, il y a du positif dans cet évènement. Car, d'une certaine manière, la victoire d'Obama est aussi le triomphe des idées libérales. La liberté, l'égalité en droit, la valeur individuelle..., autant de thèmes chers au libéralisme qui expliquent l'accession d'un métis à la tête de la première puissance mondiale, alors même qu'il y a 50 ans à peine, les Noirs de ce pays n'avaient qu'un droit tout théorique de voter... Hier, d'ailleurs, j'ai revisionné Mississippi burning.

Dommage, cependant, que la négritude du vainqueur soit devenue un tel argument polémique. Être contre lui, c'était nécessairement être raciste. Si l'élection d'Obama est bien un symbole fort, sa couleur de peau ne fait pas de lui un surhomme et ne constitue en aucun cas un argument de compétence ni de qualité, ni une garantie de rédemption. Moi qui suis métis, je n'éprouve aucun sympathie particulière pour cet homme, au prétexte qu'il ne serait pas blanc. D'une certaine manière, donc, la victoire d'Obama exprime le degré zéro de la politique, ou, devrais-je dire, l'essence crue de la politique : le règne des symboles, des mythes et de la passion.

Finalement, cette élection est bien à l'image du métissage de son vainqueur. À la fois lumineuse en ce qu'elle illustre la puissance des valeurs libérales. À la fois sombre et obscure par l'irrationnel qui s'est manifesté et qui a porté tout autant cette victoire.

dimanche 28 septembre 2008

Bretton Woods, warf !


Souvenez-vous. En 1944, à Bretton Woods, dans le New Hampshire aux États-Unis, une conférence importante se réunissait. La Seconde Guerre mondiale tirait à sa fin et il fallait dores et déjà préparer la monde qui venait. En même temps, chacun avait en mémoire la Grande Dépression et les malheurs qu'elle avait causés. Il fallait à la fois rebâtir un monde nouveau et tirer les leçons des erreurs passées.

La conférence, qui rassembla 44 pays et dura trois semaines, avait été réunie à l'instigation de Keynes, qui dirigea la délégation britannique, et de Harry Dexter White, qui dirigea la délégation états-unienne. Signés le 22 juillet 1944, les Accords de Bretton Woods débouchèrent sur l'abandon de l'étalon-or : la valeur des monnaies nationales n'était plus exprimée dans ce métal précieux. Plus exactement, seul le dollar était convertible en or, les autres monnaies pouvant se changer en dollars, c'était le Gold Exchange Standard (ou étalon-change or). Rien d'étonant à cette primauté du dollar, à cette époque les États-Unis détenaient 80% des réserves mondiales en or.

Ce système perdura jusqu'à ce beau jour du 15 août 1971, où Nixon décida que le dollars ne serait plus convertible en or. C'est qu'à force d'inonder le monde de billets verts pour financer la guerre du Vietnam, il n'était plus possible de garantir la valeur or du dollar...

Bref. Que retenir de ce petit rappel historique, au moment où les hommes politiques beuglent pour la concrétisation d'un Bretton Woods II ?

Eh bien qu'il n'y a aucun rapport entre le schmilblick et Bretton Woods. Comme vous l'aurez constaté en lisant le début de ce billet, l'accord de 1944 concernait le système monétaire, pas le système financier en tant que tel. En conséquence, ces suppliques politiciennes pour un nouveau Bretton Woods ne sont que du marketing politicard. Cela montre que les politiques entendent profiter de la crise financière actuelle, crise provoquée, je le rappelle, par des politiques économiques absurdes et irresponsables mises en œuvre depuis des décennies aux États-Unis, pour concrétiser leur détestation de la finance en particulier et du capitalisme en général. C'est du même acabit que de réclamer l'interdiction des parachutes dorés, qui sont parfaitement hors sujet.

En réalité, ces appels à la moralisation du capitalisme financier sont un habile fourre-tout permettant de mélanger tout et n'importe quoi. Les hommes politiques sont en train de noyer le poisson avec virtuosité et, encore une fois, parviendront à s'en tirer sans avoir eu à se remettre en cause. Chapeau les artistes !

Illustration :
La conférence monétaire internationale de Bretton Woods en 1944.

vendredi 26 septembre 2008

Je me gausse


« Nicolas Sarkozy aurait presque pu déposer sa propre motion pour le congrès de Reims du Parti socialiste en novembre », écrit Le Monde, en commentant les propos du président de la République sur la crise des subprimes. Voilà qui est piquant. Le Monde, le journal de référence, lève le voile sur la véritable nature de Son Altesse présidentielle : c'est un socialiste comme un autre. Tout à l'UMP qu'il est, il pourrait fort bien participer au congrès de Reims, si tant est que les socialistes le veuillent bien, ce qui n'est pas sûr...

Mais, après tout, rien de bien étonnant dans tout cela. Les propos de S.A.P. Nicolas Sarkozy sont parfaitement en ligne d'une part avec son ouverture à gauche, d'autre part avec l'anti-libéralisme primitif de l'UMP. À la vérité, S.A.P. n'est pas véritablement socialiste, il est surtout opportuniste et populiste. Ce qui peut renforcer son aura et son prestige, c'est exactement ce qui lui convient. L'occasion est trop belle de dénoncer des marchés qui n'ont fait que rendre la monnaie de la pièce trafiquée qu'on avait voulu leur faire encaisser. Loin de montrer le grand courage de l'homme de direction qu'il prétend être, S.A.P. se réfugie derrière le discours anti-marché facile et convenu.

D'ailleurs, je n'ai toujours pas compris le rapport entre la crise des subprimes et les parachutes dorés. Je n'ai pas eu l'impression que les problèmes actuels aient été causés par quelques indemnités indues et faramineuses... On peut penser ce que l'on veut de ces parachutes (et personnellement je ne les aime pas beaucoup, mais c'est le problème des propriétaires de l'entreprise...), il faut cependant bien reconnaître que c'est un hors-sujet complet. Ou alors je veux bien que l'on m'explique !

Bref, tout ceci est parfaitement ridicule et propre à provoquer l'hilarité. Je suis par ailleurs bien aise que Le Monde révèle à la face du monde que Sarkozy et l'UMP ne sont pas... libéraux, puisque c'est l'idiotie qu'un nombre assez considérable de gens croient.

Là où les choses deviennent moins drôles, c'est lorsqu'on tente d'entrapercevoir jusqu'où cette dérive gauchiste de S.A.P. pourrait aller. Car, comme le pointe Le Monde, les socialistes se laissent de moins en moins déstabiliser par ses manigances et ils commencent à rouspéter. Par exemple, ils s'étonnent du décalage entre les discours de S.A.P. sur les marchés financiers et la privatisation de la Poste... Et ils font de la surenchère. Pourquoi se priver, puisque S.A.P. abonde lui-même dans leur sens ?

Alors, bien entendu, Nicolas Sarkozy n'ira pas jusqu'à s'aligner tout à fait sur les socialistes. Bonjour la crédibilité ! En attendant, il aura largement contribué à brouiller l'esprit des Français qui ne comprendront pas, lors du recentrage inévitable, pourquoi celui qui dénonçait les marchés il y a si peu leur fait de nouveau confiance (il semblerait, de toute façon, que les Français ne soient pas franchement convaincus, manière d'anticiper les déceptions futures...).

C'est hallucinant ce que la droite de ce pays peut contribuer aux idées de gauche !

Source :
Jean-Michel Normand, « Concurrencé sur ses propres thèmes, le PS porte le débat sur le terrain social », Le Monde, 26/09/08, disponible ici.

jeudi 25 septembre 2008

Un petit dialogue au travail

— Moi : Tu vois, je vais expliquer à mes 3ème la différence entre capitalisme et socialisme. C'est parce qu'on va faire l'URSS de Staline. Alors je leur ai fait un petit tableau.

Je montre le tableau composé de quatre cases à compléter.

— Elle : Ah ouais, c'est ultra important ça !

— Moi, un air pince-sans-rire : Bah pourquoi ?

— Elle : Bah... parce que beaucoup ne savent pas faire la différence, c'est important...

— Moi : Meuh non ! Là tu as un système qui a échoué partout où il a été mis en place, là tu as un système qui fonctionne du tonnerre... Sérieux, qu'est-ce que tu veux qu'ils y connaissent au socialisme !

— Elle : ...

Franchement, parfois, il y a des moments où je m'adore !

mercredi 24 septembre 2008

La stratégie du choc : La montée d'une politique du désastre


Voici donc Son Altesse présidentielle partie à New York tempêter contre le capitalisme et le marché financier, accusés d'être responsables de la tourmente économique actuelle. Hier, S.A.P. a réclamé une plus grande régulation du capitalisme. Il a même appelé à sanctionner les « responsables »...

Il faut vraiment être fort. Car quelle est la situation ?

La situation est que pendant des années, les pouvoirs publics d'outre-Atlantique ont encouragé jusqu'à contraindre les banques à prêter des l'argent à des centaines de milliers de ménages non solvables, pour la raison même qu'ils n'étaient pas solvables. Les banques, telles la fumeuse Countrywide, qui abandonnaient les vieilles règles qui présidaient à l'attribution des crédits immobiliers étaient encensées comme une avant-garde.

Tant que les conditions étaient réunies, tout cela fonctionnait bien et personne ne se plaignait. Pas les banques, certes, mais encore moins les hommes politiques, ravis d'engranger les bénéfices électoraux de leurs tripatouillages économiques. Mais voilà que le conjoncture tourna. Ce qui avait fait le succès des subprimes, savoir la faiblesse des taux d'intérêt et l'envolée de l'immobilier, disparut, laissant les banques avec des milliards de créances pourries.

Mais, les malignes, s'étaient auparavant défaussées d'une partie du risque en refilant des morceaux de la patate chaude sur les marchés financiers (titrisation). N'oublions toutefois pas, avant de les en blâmer, que la recette de cette brûlante patate avait été concoctée par les hommes politiques... Ainsi, grâce aux génies de Washington, la crise bancaire est devenue financière, la crise états-unienne et devenue mondiale.

C'est donc parfaitement cocasse d'entendre S.A.P. Nicolas Sarkozy appeler à la punition des coupables, sachant que les vrais coupables sont précisément les hommes politiques qui remueront ciel et terre pour trouver quelques lampistes à faire plonger, sans bien évidemment jamais avoir à assumer quoi que ce soit !

Pour sûr, il a bon dos le grand méchant marché.

Finalement, toute cette navrante histoire m'a fait penser au dernier torchon de Naomi Klein, La stratégie du choc : La montée d'une politique du désastre. Je n'ai pas lu cette crotte. Pensez donc : l'auteur, qui se défend de tout conspirationnisme, s'offusque de ce que les libéraux tentent de faire progresser leurs idées dès qu'une occasion se présente, par exemple dès qu'une crise éclate quelque part. C'est vraie que pareille attitude est pour le moins étrange et inquiétante, non ? Naomi Klein, par exemple, se fait honneur de rater toute occasion lui permettant de faire passer ses idées, c'est bien connu...

Inutile donc de vous ruer dans la librairie la plus proche. En revanche, n'est-il pas frappant de constater qu'une fois de plus les princes qui nous gouvernent sautent sur la première occasion pour étendre toujours un peu plus leur contrôle sur les activités humaines ? N'est-il pas frappant de voir qu'ils le font, en cette occasion de la crise des subprimes, en prétendant corriger la crise qu'ils ont, pour le coup, eux-mêmes provoquée ? Je doute, pourtant, que Naomi Klein et ses thuriféraires trouvent quelque chose à redire ici, étrange non ? Nous voyons pourtant bien là un exemple de cette stratégie du choc : la montée en puissance d'une politique du désastre.

Illustration :
Jérôme Bosch, Le Charlatan, 1475-1480.

vendredi 05 septembre 2008

Qui a eu cette idée folle...


Vous savez la suite de la chanson. Eh oui ! La rentrée est un réalité aussi dure que le béton.

Hier et aujourd'hui, j'ai dispensé mes premiers cours. C'est étrange car j'ai toujours un sentiment d'ambivalence vis-à-vis des vacances. D'un côté, je trouve que les enseignants en ont trop, en particulier l'été, de l'autre c'est avec nostalgie que je repense à ces moments de liberté... Quoi qu'il en soit, l'année ne fait que commencer, et elle sera sport.

C'est que j'ai atterri dans une belle ZEP. Pour ceux qui ne le savent pas, je suis TZR, c'est-à-dire remplaçant. Le jour de la pré-rentrée, je n'avais même pas d'élève. Un établissement de rattachement administratif m'avait été attribué (c'est nécessaire), mais je n'avais aucun emploi du temps, aucune classe, zéro élève ! C'était la première fois que cela m'arrivait !

Mais le rectorat a rapidement agi et deux jours plus tard, un collège très au nord de Paris (si septentrional qu'il est bordé de champs) m'appela pour m'annoncer que j'étais affecté chez lui, pour 18 heures (un temps complet, donc).

Cela ne m'arrange pas vraiment. Il me faut bien 20 à 30 minutes pour y aller et c'est surtout une route affreusement compliquée : uniquement de la ville, des feux rouges, moult ronds-points, d'innombrables virages, des montées et des descentes, d'énormes ralentisseurs, des zones à 30 km/h... Quand je vois ce que cela consomme en gazole, j'en ai mal à mon porte-monnaie ! Et dire que l'an dernier il ne me fallait guère plus de dix minutes pour rentrer chez moi... Enfin, il y a bien pire.

Ensuite, comme je fus maintenu dans une longue expectative, je n'ai pas poursuivi concrètement mes projets pédagogiques. Cela m'ennuie un peu. Peut-être les mettrai-je partiellement en place durant l'année. L'établissement étant difficile, c'est sans doute l'occasion d'innover un peu. Je pense que j'en aurai d'autant plus besoin que c'est la première fois que toutes mes heures sont en ZEP.

Pour l'heure, ce qui me frappe de ce que j'ai pu voir de mes élèves, c'est à quel point cette notion du jeune de banlieue n'a aucun sens. Je me remémore les propos outranciers que j'avais pu lire en 2005, lors des émeutes. À croire certaines personnes, ce n'étaient plus des êtres humains qui vivaient dans les banlieues, mais des bêtes fauves, des êtres déchaînés et réfractaires à toute civilisation... Quand je vois mes élèves, même si je sais qu'il est bien tôt encore et que la mise à l'épreuve de la discipline arrivera sous peu, je ne peux m'empêcher de constater à quel point la réalité est loin de tous les fantasmes.

Dans une classe de 3ème, à qui je venais de détailler le « code pénal » en vigueur dans mon cours, que j'ai voulu bien plus sévère et systématique cette année que les précédentes, les visages se décomposent peu à peu :

— C'est sévère m'sieur...

— C'est sévère parce que je crois en vous.

Dire à ces gamins qu'on les considère, c'est certainement la première pierre pour gagner leur respect et une paix certes relative, mais toujours appréciable. À suivre...

Illustration :
Adrien Van Ostade, Le Maître d'école, 1662.

samedi 30 août 2008

La République de Shadokie et l'incompétence des libéraux médiatiques


À la vérité, nous ne vivons pas en République française, pas même tout simplement en France. Ce pays n'est autre que la Shadokie, la patrie de l'absurdité triomphante et de la bêtise couronnée.

Et le pire, c'est que ceux qui pourraient injecter un peu de raison et de logique dans cette mécanique pourrie, je veux parler des libéraux, sont très largement incompétents à le faire et ratent leur coup les rares fois où ils sont invités à s'exprimer. J'en ai eu la nouvelle démonstration par Pascal Salin lors d'un débat sur le RSA organisé par RTL il y a trois jours, entre Frédéric Lefebvre (porte-parole de l'UMP), Jean-Marc Ayrault et Pascal Salin.

Voici l'enregistrement, écoutez-le, cela ne dure que 13 minutes : qui va payer le RSA ?

Parlant après les deux politiques, Pascal Salin rappelle sainement que les prélèvements sont exorbitants en France, en particulier sur le capital. Or, le capital c'est l'investissement, donc la croissance économique, l'emploi, etc.

Ensuite, la polémique politicienne reprend entre Lefebvre et Ayrault (pour savoir lequel de l'UMP ou du PS est plus socialiste que l'autre, c'est du propre !). Puis Ayrault s'adresse à Salin en lui disant que ses idées ont été déjà mises en œuvre par le paquet fiscal sans succès. Salin s'en défend, mais ne fournit aucun chiffre, aucune indication propre à permettre aux auditeurs d'évaluer à quel point le paquet fiscal ne correspond effectivement pas à ce que voudraient Salin et les libéraux. Résultat, les auditeurs doivent croire sur parole un libéral dont le discours est déjà entaché de suspicion avant même d'avoir ouvert la bouche ! Mais le gâchis ne s'arrête pas là.

Après l'intervention de Pascal Salin, la dispute reprend entre les deux politiques à propos du paquet fiscal, justement. Le temps restant s'amenuise et notre économiste a beaucoup moins parlé que les deux autres. Alors que le présentateur propose de lui laisser la parole, enfin, Ayrault s'adresse de nouveau à Salin en ces termes : n'oublions pas que tous ces gens qui vont se remettre au travail grâce au RSA vont consommer, et que c'est bon pour l'économie.

Que répond Pascal Salin ? Qu'il faut de la croissance et des entrepreneurs pour avoir des emplois...

Je sais qu'il n'avait plus beaucoup de temps, je sais bien que la critique est toujours la plus facile, mais tout de même ! Moi je peux comprendre ce qu'entend Salin par cette phrase, parce que j'ai lu son livre, Libéralisme. Je connais donc son laïus sur l'entrepreneur et son rôle. Qu'en est-il des auditeurs ?

Salin manque cruellement de pédagogie. Il rentre trop rapidement dans le conceptuel alors qu'il aurait dû prendre des images plus simples et bien plus parlantes.

Car Ayrault fait une belle faute de raisonnement. Il dit que le RSA sera bon pour l'économie, alors qu'on vient juste de lui expliquer que son financement sera néfaste pour cette même économie. Quelles situation Ayrault peut-il espérer atteindre ainsi ?

Imaginez une belle piscine comme il y en a souvent dans les communes et les campings. Vous puisez de l'eau du grand bain avec un seau. Puis vous longez la piscine jusqu'au petit bain, où vous rejetez l'eau du seau. Et, là, vous prétendez avoir fait monter le niveau de l'eau dans la piscine. Voilà ce que dit et fait le gouvernement. Voilà ce qui dit et fait Ayrault. Démiurgie ! Alchimie !

Je retire 10 à 100, puis ajoute 10 et je prétends obtenir plus de 100... Après avoir ponctionné l'économie, le RSA ne fera que réintroduire ces mêmes sommes qu'il a ponctionnées dans cette même économie. Au mieux, on retrouvera la situation d'avant, à peine améliorée. Des sommes colossales auront simplement été déplacées, rien n'aura été réellement ajouté.

Et n'oublions pas que l'investissement est aussi une consommation, finalement. Car, lorsqu'elles investissent, les entreprises consomment du travail, des produits, créent des emplois. Le nouvel impôt pour le RSA réduira cette consommation au profit de celle des ménages. La différence étant que l'investissement prépare l'avenir, permet la création de richesses nouvelles, là où la consommation des ménages n'est que la consommation de ce qui a déjà été créé. C'est une sacrée différence qui explique pourquoi on distingue investissement et consommation. Mais si la création d'emploi est pénalisée par l'impôt pour le RSA, il risque d'y avoir moins d'occasion pour les chômeurs de trouver un emploi et, donc, de profiter du RSA...

Pascal Salin aurait dû commencer directement par là. Par une image montrant le mécanisme absurde du financement du RSA. Ensuite seulement aurait-il pu entrer dans des considérations plus conceptuelles. Si j'ajoute ce que je viens juste de retirer, tout le monde peut comprendre que je n'augmente pas le total. En déshabillant Pierre pour Jean, j'augmente certainement la quantité de vêtements que possède Jean, mais pas la quantité totale de vêtements dont disposent Pierre et Jean. C'est en ce sens qu'ils ne sont pas opposés mais solidaires, comme le rappelle Salin. Ce qu'il faut, c'est augmenter la quantité globale de vêtements, ouvrir un horizon plus vaste que la stupide redistribution de la pénurie.

Là encore, Lefebvre, cette fois-ci, aurait pu se faire aisément moucher. Il relève que, quelques années auparavant, la croissance était forte sans que cela empêchât les gens de rester prisonniers de la trappe à inactivité. Pour l'auditeur lambda, ce constat invalide tout ce qu'a pu raconter Salin. Il aurait été pourtant simple de retourner l'argument. En effet, si les gens refusent de prendre un emploi alors même que la situation économique est bonne, c'est bien à cause des avantages bien trop généreux que l'État a octroyés aux chômeurs (je renvoie à la longue liste de mon billet précédent). C'est donc une preuve flagrante de la nocivité de l'intervention de l'État qui, sous couvert de générosité sociale, maintient artificiellement les gens loin de l'emploi. Cela aurait été plus percutant que la réponse de Salin sur les entrepreneurs et la croissance économique. En outre, cela aurait clairement mis le rôle de l'État en question, ce qui n'est pas le moindre des objectifs pour un libéral !

Au fond, tout revient à cette question : pourquoi créer un dispositif supplémentaire, alors qu'une réforme des aides déjà existantes aurait pu avoir les mêmes effets sans coûter plus d'argent aux contribuables ? Certainement qu'il aurait fallu bien plus de courage politique...

Bon, encore un fois je sais qu'il est facile de critiquer, confortablement installé devant son ordinateur. J'aurais probablement fait pire que Salin à sa place. Néanmoins, c'est dommage que les libéraux médiatisés manquent souvent soit de charisme (je pense ici à Mathieu Laine dans l'émission de Ripostes sur le droit opposable au logement) soit de pédagogie.

vendredi 29 août 2008

Sarkozy, vous savez, cet ultralibéral


À l'heure où le gouvernement s'apprête à généraliser le RSA dès le 1er juillet 2009, je trouve opportun de rappeler les préventions exprimées par Alain Matthieu dans Le Modèle anti-social français (dont j'ai déjà parlé ici).

Rappelons d'abord que le RSA n'est pas idiot dans son principe. Son objectif consiste à accroître l'incitation à travailler pour les chômeurs qui touchent des aides sociales et qui perdraient de l'argent en reprenant un travail. C'est ce qu'on appelle une trappe à inactivité. Au passage, je n'avais pas idée, avant de lire Alain Matthieu, de tout ce qu'un chômeur perdait à reprendre un travail : le RMI, la prime de Noël du RMI (152 euros), la CMU complémentaire, l'exonération de la taxe d'habitation, de la redevance télévisuelle, de la CSG et du CRDS, une réduction sur la facture de téléphone, la gratuité des transports (par exemple de la carte Orange en ÃŽle-de-France), des tarifs spéciaux de cantine scolaire pour les enfants, des aides pour la crèche, des réductions sur le gaz, l'electricité et l'eau (jusqu'à 50%), des aides pour le permis de conduire..., et quelques autres menus coups de pouce !

Dans ces conditions, et à moins de retrouver un emploi très bien rémunéré, pourquoi diable chercher un travail ? Pourtant, il existait déjà des dispositifs incitant à la reprise d'un emploi : une prime de retour à l'emploi de 1000 euros, des primes d'intéressement (225 euros par mois pour un couple versés pendant un an) et de la PPE (prime pour l'emploi). Hélas, les effets n'ont pas été jugés convaincants, alors même que la seule PPE coûte plus de 4 milliards d'euros par an aux contribuables...

C'est du constat de cet échec que Martin Hirsch a proposé la création du RSA. Depuis 2007, le RSA était à l'étude dans 34 départements. Il était versé sans limite de temps, en remplacement du RMI et de l'API (allocation de parent isolé) tout en étant plus élevé. Les chômeurs percevaient également la prime de retour à l'emploi (1000 euros donc) et la PPE. Les primes d'intéressements étaient toutefois supprimées.

Selon Alain Matthieu, le RSA n'incitera pas à la reprise du travail, et ceci pour plusieurs raisons.

En premier lieu, les aides locales sont extrêmement variées et mal connues ; le calcul du RSA n'en tient pas compte.

En second lieu, le calcul du RSA ne tient pas compte des augmentations d'impôts qu'implique la reprise d'une activité professionnelle, ni les frais occasionnés par la perte de la CMU.

En troisième lieu, le montant du RSA est dérisoire. Martin Hirsch avait conclu de ce qui précède qu'il fallait un RSA élevé. Or, il semblerait que le RSA prévu de 100 à 200 euros soit loin de contrebalancer les pertes supportées par le chômeur qui reprend un travail (pertes estimées de 300 à 400 euros). Selon Alain Matthieu, l'effet incitatif serait plus sûrement atteint si le chômeur perdait les aides sociales s'il refusait plus d'un certain nombre de propositions d'emploi.

D'autres effets pervers seraient également à craindre. Le RSA profiterait en priorité au travail à temps partiel, car un chômeur y perd moins qu'en retrouvant un travail à temps plein. Il ne serait pas uniquement versé qu'aux pauvres. En effet, il dépend du nombre d'enfants et on peut même déclarer les enfants vivant à l'étranger ! Le RSA risque d'être une source d'injustice, car les chômeurs reprenant le travail gagneront ainsi plus que leurs collègues qui n'en ont pas bénéficié, n'ayant pas été chômeurs. Martin Hirsch aurait alors considéré de verser le RSA à tous les salariés à faible salaire en le calculant comme s'il avait été chômeur au RMI le mois précédent...

En outre le RSA devrait avoir un coût exorbitant. Dès 2009, il devrait profiter à plus de 4 millions de personnes. Un amendement avait été déposé à l'Assemblée pour en limiter le coût : que le patrimoine immobilier du demandeur soit pris en compte. L'amendement ne fut pas voté... Le poids financier du RSA pourrait être d'autant plus élevé qu'il y a de fortes chances qu'il soit tout aussi fraudé que le RMI. Car le RSA est versé sur simple déclaration sur l'honneur, et alors même que les administrations sont incapables d'effectuer des contrôles rigoureux.

Il apparaît donc que si le RSA est bon en principe, son application pose problème. Alain Matthieu lui trouve néanmoins certaines vertus : il n'est pas cumulable avec les allocations familiales, il est plafonné au niveau du seuil de pauvreté. On peut toutefois craindre que cette décision de généraliser le RSA dès 2009 soit quelque peu hâtive, dans la mesure où l'expérimentation était prévue pour durer 3 ans, jusqu'en 2010. Cette mesure montre très certainement un manque de réflexion et de prise de recul. En tout cas, c'est ce que m'inspire l'exemple de la Suède, cité par Alain Matthieu. Ce pays a réduit les indemnités chômage à 60% du salaire antérieur, tout en supprimant l'impôt sur la fortune et en plafonnant l'impôt foncier à 640 euros par an... Il était fort à craindre qu'en France, le RSA n'alourdît la fiscalité. Et c'est bien ce qui se passe, puisque Sarkozy propose la création d'une nouvelle taxation de 1,1% sur les revenus du capital. Quand ces princes qui nous gouvernent comprendront-ils enfin ?

Illustration :
Maurits Cornelis Escher, Relativité, 1953

vendredi 15 août 2008

Comment pourrait-on envahir son propre territoire ?


Il est vrai que mon activité est réduite ces temps-ci, malgré les vacances – ou peut-être à cause des vacances, d'ailleurs, mais est-ce si différent de d'habitude ? Ce ne sont pourtant pas les sujets d'actualité qui manquent, entre les Jeux olympiques, la crise économique... et la guerre en Géorgie...

La guerre en Géorgie, justement. Je n'en ai glissé mot jusqu'à présent, mais maintenant que les troupes russes s'attardent à occuper le terrain conquis, je me suis dit qu'il serait temps d'en faire un petit billet.

Au départ, dois-je confesser, j'étais plutôt du côté géorgien. C'est que Poutine ne me revient absolument pas ; sa mine patibulaire, sa violence, ses manigances dans l'ombre et, évidement comment ne pas y revenir, sa sale guerre en Tchétchénie..., tout chez lui me rebute. À chaque fois que je le vois, je ne peux m'empêcher de penser au parrain d'une mafia quelconque. C'est simple et sans appel.

En face, Saakachvili apparaissait bien sympathique. D'autant que les média se sont empressés de nous le dépeindre, à nous qui ne connaissions rien de la Géorgie, en démocrate pro-occidental (révolution des roses, etc.). Comment pourrait-on se détourner d'un démocrate pro-occidental ? Et puis la Géorgie contre la Russie, n'est-ce pas David contre Goliath ? Comment pourrait-on prendre le parti de Goliath, cette figure de la force brute et aveugle ?

À ce stade, j'avais tout ce qu'il fallait pour rédiger un billet incendiaire contre Poutine. Mais j'ai préféré attendre, wait and see comme disent les Anglais. J'ai bien eu raison, la Russie était trop parfaite dans son rôle du méchant de l'histoire.

En premier lieu, Saakachvili n'est pas cet ami de la démocratie qu'on a voulu nous présenter. Il n'est certes pas un dictateur, mais un homme qui pourchasse l'opposition et truque les élections pour passer outre le mécontentement populaire n'est pas ce qu'on pourrait appeler un démocrate. Les média ont sacrément simplifié l'affaire !

En second lieu, que Saakachvili soit pro-occidental n'a pas grand sens. Qu'est-ce à dire ? Qu'il est l'allié des Occidentaux, ce qui veut surtout dire l'allié des États-Unis. Or, si on y prête attention, beaucoup de pays différents sont, ou ont été, alliés aux États-Unis. Du Japon au Pakistan en passant par la Pologne, l'Irak de Saddam et l'Iran des Pahlavi, les pays pro-occidentaux, ou présumés tel, sont tour à tour des dictatures et des démocraties. Ceci illustre bien cela : un pays pro-occidental n'est pas ipso facto sympathique. Et la Géorgie, sans être antipathique pour autant, ne mérite aucun élan particulier du cœur.

En troisième lieu, même si l'on critique l'intervention Russe, il faut bien reconnaître que Saakachvili n'est pas tout blanc non plus. C'est lui, ce me semble, qui a déclenché la crise en attaquant l'Ossétie du Sud. Cette région de la Géorgie est indépendante de fait depuis 1991, tout comme l'Abkhazie. Mais Tbillissi a toujours refusé d'admettre la sécession et l'autodétermination de ces deux provinces. Seule sa faiblesse, et la vigilance russe, explique que la Géorgie n'ait pas tenté de reprendre les choses en main, du moins jusqu'au 8 août dernier. Saakachvili explique qu'il avait parfaitement le droit d'agir ainsi car l'Ossétie du Sud appartient à la Géorgie. De son point de vue, il n'a pas envahi en territoire étranger : c'est une simple opération de police interne.

Il aurait raison si n'existait pas un droit fameux, celui qu'ont les peuples de disposer d'eux-mêmes. Si les Ossètes et les Abkhazes souhaitent l'indépendance, voire même le rattachement à la Russie dans le cas ossète, alors Tbilissi doit s'incliner. Au plus le gouvernement peut-il proposer un statut de large autonomie, mais en aucun cas il ne doit s'opposer par la force. Si la Géorgie n'avait pas supprimé l'autonomie dont jouissaient l'Abkhazie et l'Ossétie méridionale du temps de l'Union soviétique, peut-être qu'elle se serait épargné tous ces problèmes...

Tout cela fait que je me garderai bien de prendre position pour l'un ou l'autre camp. Il n'est pas impossible que la Russie ait tendu un beau piège à la Géorgie pour réaffirmer son rang de puissance régionale. L'occasion était rêvée : le monde a les yeux rivés sur Pékin, les États-Unis sont empêtrés en Iraq, la Géorgie est un petit pays qui ne fait pas encore partie de l'OTAN... C'était un coup sans grand risque pour elle. Assurément, en outre, vue du Kremlin, on n'apprécie guère l'extension vers l'est du « camp occidental » ; il ne faut jamais oublier le sentiment d'enfermement géographique de la Russie, ce pays immense et continental a toujours cherché l'accès de mers ouvertes et totalement libres de glace. Cette composante géopolitique (car tout ceci n'est que de la géopolitique) joue au moins tout autant que le fameux pipeline Bakou-Tbilissi-Ceyhan.

Bref, ce qui se passe actuellement en Géorgie ne m'inspire ultimement que ce commentaire : la guerre est laide et l'appétit de puissance des États l'un des pires fléaux de l'humanité.

Illustration :
Francisco Goya, « Autant et même davantage », Les Désastres de la guerre, 1810

jeudi 07 août 2008

César ne fut pas seulement le subjugueur de la Gaule...


... C'est aussi un étrange sculpteur contemporain.

Je suis allé voir l'explosition montée par Jean Nouvel à la fondation Cartier pour le sculpteur César. Je ne connaissais absolument pas, l'art contemporain m'étant généralement assez hermétique.

Je dois dire qu'une partie des œuvres exposées m'ont laissé de marbre, en particulier les empreintes humaines, c'est-à-dire le pousse de César moulé en différentes matières et agrandi à différentes tailles... Et certaines expansions évoquent plus des étrons démesurés que des productions artistiques.

Les expansions laquées sont toutefois intéressantes, particulièrement celles qui sont de couleurs blanches. L'expansion n°32 et l'expansion dite « La Lunaire » (car réalisée le jour où Armstrong posa le pied sur la Lune) sont, je trouve, authentiquement belles. De manière générale, l'onctuosité des expansions réalisées en polyuréthane est tout à fait saisissante, comme vous pouvez le constater sur la photographie ci-contre. On dirait de délicates et délicieuses crèmes fouétées négligeamment laissées là.

Au départ, les expansions tenaient plus du happening. Elles étaient réalisées en public puis détruites en morceaux. César les signait et les distribuait ensuite aux spectateurs. Ce n'est qu'après que César chercha à les rendre pérennes.

J'ai également bien aimé les compressions d'automobiles, en particulier la série de Milan, réalisée en 1998. C'est amusant de voir que les compressions ne sont pas les mêmes, certaines sont plus complètes que d'autres. Enfin, il y les animaux en bouts de ferraille. L'exposition en montre très peu. C'est très ingénieux et très ludique de chercher à reconnaîtere l'animal représenté. Ces assemblages au fer à souder montrent la réelle habileté du sculpteur.

Dommage toutefois que l'exposition soit mal organisée. J'ai mis pas mal de temps à repérer où étaient les animaux en fer. Aucune étiquette n'identifie les sculptures, il faut trouver le plan général dans chaque pièce, et il n'est pas toujours très visible.. Ce système oblige aussi à un constant va et vient pour repérer les œuvres, c'est assez pénible. Malgré tout, je ne regrette pas cet après-midi. La librairie de la salle d'exposition est petite, mais les ouvrages y sont étonnants.

Même si l'art contemporain vous laisse froid, allez voir. Fondation Cartier, 261 boulevard Raspail, Paris 14° (en août, il est assez facile de se garer à proximité). C'est gratuit le mercredi après-midi entre 14 et 18 heure, mais venez tôt car il y a foule et, au bout d'une heure, il y a queue à l'entrée.

Illustration :
César, Expansion n°14, 1970

Une lecture allègre


Me voici donc de retour après une semaine de cambrousse fort agréable, bien que trop courte.

Comme se doit tout blogeur, je consulte les quelques commentaires laissés sur mon blog en mon absence. Et voici que je tombe sur un commentaire pour le moins cocasse. En fait, il ne l'est pas en lui-même, mais plutôt parce qu'il est contextuellement décalé. Ce message est celui de Nicolas007bis. Ce message est récent (1er août), mais il porte sur un billet assez ancien, « Réchauffement climatique et dogme scientifique », qui date du 5 octobre 2006.

Dans ce billet, je faisais part de mes inquiétudes concernant le réchauffement climatique et l'attitude généralement sceptique adoptée par les libéraux sur ce sujet. Je ne voulais pas, et ne veux toujours pas, que les libéraux repoussent la question par une sorte d'aveuglement idéologique. Nicolas007bis rejoingait ces inquiétudes et critiquait ceux qui invoquaient le NIPCC. Or, et c'est là le cocasse, au moment où Nicolas007bis laissait son commentaire, je venais justement de faire un billet sur le NIPCC une semaine auparavant...

Alors, que dirais-je aujourd'hui ?

Certes, les libéraux doivent faire attention en prenant position sur le sujet du réchauffement climatique. Mais les libéraux sont également rompus à l'analyse institutionnelle. Car les libéraux savent trop combien les institutions, étatiques ou para-étatiques, sont loin de toujours défendre cet intérêt général cencé les légitimer ; combien, également, il est difficile de définir cet intérêt général. Les institutions ne sont jamais idéologiquement neutres et tout onusien qu'il soit, le GIEC n'est pas au-dessus de la critique.

Les libéraux, aussi, connaissent bien les mécanismes institutionnels qui conduisent au renforcement des institutions et au triomphe du discours qu'elles portent. Pour un libéral, dire qu'il y a une nette tendance, chez les scientifiques, à en rajouter dans le catastrophisme pour gagner des crédits de recherches supplémentaires, ou pour ne simplement pas perdre leur poste, n'est pas choquant. C'est même un classique de la démarche d'analyse libérale que de traquer ce genre de biais. La seule question qui vaille, c'est celle de savoir si de pareils mécanismes sont à l'œuvre ou pas. Personnellement, j'en suis aujourd'hui convaincu.

Aussi, je dirai que ma position se rapproche de celle de Claude Allègre, dans Ma vérité sur la planète. En gros, les préoccupations environnementales sont nécessaires ; personne n'a envie de vivre dans un environnement pollué et détruit. Néanmoins, l'alarmisme écologique est un mal qu'il faut combattre : il repose sur le ressort de la peur, il manipule et ment, il conduit à des décisions inutiles, coûteuses voire néfastes, il représente à terme une véritable menace pour les libertés individuelles. L'écologie qui reçoit mon suffrage, comme celle d'Allègre, c'est celle qui ne place pas la nature au-dessus de l'homme. C'est une écologie rationnelle et raisonnable.

En outre, comme l'explique Allègre, la notion de consensus n'a pas vraiment de sens dans le domaine scientifique. De grandes découvertes ont été faites à contre-courant des certitudes scientifiques de l'époque. Défendues par une minorité, elles ont néanmoins fini par triompher à force d'arguments et de preuves scientifiques. C'est pourquoi il est inutile d'invoquer, tel un mentra, que la communauté scientifique est globalement d'accord avec le réchauffement climatique d'origine humaine, sans se demander comment est produit ce consensus ni s'étonner que ceux qui le dénoncent se fassent faussement accuser d'accoitances avec les industries polluantes. C'est aussi curieux de constater que les média français sont peu prolixes quand il s'agit de diffuser des informations relativisant ce prétendu consensus scientifique, quel média, par exemple, a relayé cette donnée ? Et là non plus, il ne faudrait pas s'interroger ?

Bref, je vous invite vivement à lire le livre de Claude Allègre, si ce n'est déjà fait, d'autant plus qu'il vient de sortir en format de poche.

Illustration :
Le Caravage, Le Doute de Thomas, 1601-1602



Présentation

Bienvenue sur les Carnets du chemin ascendant !

Né en 1979, je suis professeur d'histoire-géographie dans le secondaire. Ce qui ne m'empêche pas d'être partisan des idées libérales, voire même libertariennes. J'espère que ce site permettra aux lecteurs de bonne foi de se forger une vision plus juste de ce courant de pensée, souvent vilipendé avec injustice.

Mais laissons la parole à un grand maître du libéralisme :

« Le libéralisme est une philosophie de paix et de collaboration internationale. C'est le point de départ de cette doctrine sociale et économique que les intérêts bien conçus de tous les individus et toutes les nations doivent nécessairement s'harmoniser dans une société où règne la propriété privée et le libre-échange. »

Ludwig Von Mises, La Crise mondiale, 1938.

A toutes et à tous, bonne lecture !


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